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Le site des Carrières Wincqz
Avec le temps, la société des carrières Wincqz a connu d'importantes mutations. Elle s'est associée à la société des carrières Gauthier et a survécu à la disparition de toutes les autres carrières de l'Ancien Monde et du Perlonjour. Pour faire face à l'épuisement des anciens gisements, une vaste politique de "découverture" a été menée. Le site d'extraction s'est ainsi progressivement déplacé vers le sud (en suivant la Senne) puis vers l'est (en mordant progressivement dans le plateau). Jamais l'impact sur le paysage n'a été aussi important qu'aujourd'hui: l'extraction a gagné en profondeur et surtout en étendue; le mur de quai présente un développement considérable; des machines nouvelles sillonnent les chantiers.
Dans le même temps, des zones importantes arrivent en fin d'exploitation. Une végétation spontanée et originale se développe dans toutes les zones désaffectées, spécialement sur les mottes. Les anciens trous s'inondent quand ils ne sont pas utilisés comme décharges d'immondices.
Progressivement, la vie industrielle s'est retirée de la "Grande Carrière". Le bureau, la "Grande Scierie", la centrale même sont désertés. La forge et la menuiserie sont menacées par le vandalisme.
Entamée en 1977, l'étude historique et archéologique des carrières de Soignies a largement contribué à la mise en évidence d'un patrimoine à préserver et à valoriser. Depuis 1987, la direction des Carrières Gauthier Wincqz, prenant conscience de l'importance de son patrimoine monumental, s'est engagée résolument dans un processus de protection et de revalorisation. Le classement des bâtiments et du site de la Grande Carrière est chose acquise depuis 1992. Une procédure d'urgence est en cours pour la menuiserie et la forge. Une restauration est en préparation pour l'ensemble prestigieux de la "Grande Scierie". Parallèlement, en collaboration avec l'Administration Communale de Soignies et le Cercle royal d'Histoire et d'Archéologie du Canton de Soignies, une formation de "Guides de la Pierre" a été mise sur pied. Pour sa part, la Ville de Soignies a créé un "Centre de Documentation de la Pierre Bleue" et centralise l'organisation des visites commentées de ce centre, de l'ensemble classé et des sites d'extractin. L'implantation d'un "Centre de Formation aux Métiers de la Pierre Bleue" est envisagée dans le cadre de la Grande Carrière. L'aménagement des locaux dans le sens de l'accueil du grand public ou de groupes plus spécialisés (ingénieurs, architectes, artisans et artistes ... ) est également à l'étude.
Le périmètre classé
Il y a diverses manières de découvrir le patrimoine lié à la Grande Carrière Wincqz. Les facettes en sont si nombreuses qu'un choix s'imposera sans doute.
Pour qui s'intéresse au périmètre classé, il faut découvrir d'abord la Grande Scierie, le bureau, la forge et la menuiserie (côté chemin Mademoiselle Hanicq), sans oublier le rivage de la Grande Carrière (au bout de la rue Grégoire Wincqz). On se reportera au texte ci-dessus pour replacer chacun de ces éléments dans son contexte historique.
La Grande Scierie
Construit en 1843, ce large et élégant volume était destiné à abriter des armures de scierie. On désigne par le mot "armure" un châssis portant un certain nombre de lames utilisées pour débiter verticalement un bloc de pierre en tranches plus ou moins épaisses et de grand format. L'utilisation de "chars à blocs" pour le transport et la manipulation de la matière première explique les larges baies percées dans les pignons de cette bâtisse. Les grandes fenêtres des murs latéraux sont destinées à l'éclairage de l'atelier. La cheminée garde le souvenir de la machine à vapeur utilisée pour l'entraînement des armures.
Le pavillon du treuil
Ce pavillon occupait une position centrale dans la Grande Carrière du milieu du 19e siècle. C'est là en effet que se trouvaient la machine à vapeur et le treuil destinés à assurer la traction des blocs remontant un plan incliné qui assurait la liaison entre le fond du siège d'extraction et la surface.
La forge et la menuiserie
Le forgeron occupait une place de premier plan dans la carrière du 19e siècle. C'est à lui que l'on confiait la fabrication et l'entretien des nombreux outils métalliques utilisés par les tailleurs de pierre (pointes ou broches, ciseaux, coins et spigots, brichaux, bouchardes, massettes ... ). Il intervenait également pour le ferrage des chevaux (de là, la présence d'un "travail" de maréchal-ferrant) et la réparation des machines. Le menuisier lui était complémentaire puisque c'est à lui que l'on confiait la réalisation des maquettes (en bois) en vue du moulage de toutes les pièces de fonte.
Le bureau
Sa construction en 1847 marque une métamorphose profonde dans l'art de gérer une carrière. Le maître de carrières n'est plus seulement homme de terrain. Il s'appuie sur une équipe d'employés, gère son personnel, organise sa comptabilité, fait dessiner les pièces les plus délicates, classe ses archives. C'est contre le pignon de ce bureau que se dresse la pierre ayant servi en 1855 à représenter les carrières Wincqz à l'exposition universelle de Paris.
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