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La Taille mécanique et les tailleurs de pierre
Leur fonction : façonner des produits finis épais (au minimum 5 centimètres) et massifs.
Les débitages de détail et la mise en forme des pièces de base sont traités par des débiteuses à disque ou à meules. Presque exclusivement sur commande, les plans et croquis de chaque pièce sont dessinés par le bureau d'appareillage.
Le parc des machines débiteuses est diversifié et comprend les machines les plus modernes, automatiques et programmables, pour exécuter les tâches les plus complexes dans le domaine de la pierre. Pour les produits de grandes séries (bordures, couvre-murs, seuils), des machines de débitage et de traitement des faces sont intégrées en "train continu" pour minimiser les manutentions entre postes de transformation. Les pièces façonnées aux formes et aux mesures finales reçoivent presque toujours un traitement manuel dispensé par les tailleurs de pierre. Ce sont les dernières finitions qui donnent aux pièces leur parure valorisant l'aspect varié de la matière, par les meulages, les tailles ciselées, éclatées, bouchardées et les détails parachevant les arêtes, les coins, les creux.
Toutes ces opérations contribuent à terminer les pièces destinées à orner les bâtiments, les rues et tous les lieux enrichis par la pierre naturelle. Les ateliers de travail manuel sont individualisés parce qu'ils répondent à leur origine traditionnelle d'ouvrage artisanal et personnel. Sans négliger la modernité des outillages et de la manutention qui allègent leurs tâches, les tailleurs de pierre exercent toujours en espace personnalisé. Les états et aspects de surface variés, qui font la diversité de produits finis sont principalement les suivants:
· les meulages, à sec, aux abrasifs, donnent les faces adoucies de gris clair à bleu satiné selon la finesse des grains des meules
· les tailles au ciseau rainurent régulièrement les faces, soit en ciselés continus et rigoureusement parallèles, soit en hachures obliques
· l'éclatement au burin met la pierre dans son état de cassure brute, sombre et irrégulière
· les bouchardes, marteaux à multiples pointes, "picotent" les faces en pointillés blancs sur fond foncé.
Ces tailles exécutées traditionnellement en manuel (avec "maillet" et burins) sont reproduites, avec plus ou moins de similitude, mécaniquement, mais généralement sur des surfaces planes à l'exclusion des chants et autres détails.
Dans ces cas, les outils manuels sont remplacés par:
· les plateaux d'abrasifs ou de diamant, pour meuler
· les fraises à petits disques circulaires, pour les ciselés, sclypés et gradinés, qui mordent la pierre en lignes parallèles
· les marteaux pneumatiques, percutent avec des taillants divers (pointes, lames, bouchardes) les surfaces des tranches
· le chalumeau pour "flammer" les faces, sans équivalent en manuel.
Le contrôle de la qualité dans ce secteur conduit là également à écarter un volume important de rebuts. Dans le façonnage des pierres, de nouvelles faces sont mises à jour, avec leurs défauts éventuels. Les tailles et les tolérances de fabrication sont vérifiées. Autant d'imperfections qui justifient d'écarter des produits insatisfaisants, en fin de parcours.
Les marbreries
Elles sont destinées à produire les pierres minces (moins de 5 centimètres d'épaisseur) où la surface constitue la principale fonction utilitaire ou décorative. Dallages et revêtements minces sont traités, selon leur degré de standardisation ou la grandeur des séries, dans l'une ou l'autre des deux marbreries.
La marbrerie 1: Elle est spécialisée dans la fabrication de pièces de petites ou moyennes séries, ou de dimensions hors standard, surfacées adoucies ou polies, taillées mécaniquement ou vieillies.
A partir des tranches minces, les débitages spécifiques préparent les pièces en séries pour les passer au calibreur et au polissoir. En tranches ou en carreaux débités, les polissoirs, avec leur série de 10 à 16 têtes rotatives garnies de plateaux diamantés ou abrasifs, donnent à la surface traitée un degré d'adouci, du bleu clair satiné au noir brillant, en passant par le bleu foncé.
Les plateaux de calibrage (pour uniformiser l'épaisseur) et de surfaçage (pour obtenir le lissage final de la face vue) sont des grands disques horizontaux, garnis de plaquettes diamantées ou de segments d'abrasifs, tournant et appuyant sur les pierres qui défilent sur tapis. Aucun additif n'intervient pour couvrir toute la palette des tons: les aspects de teintes et de polissages varient uniquement en fonction de la nature et de la finesse des abrasifs qui frottent la surface. A ce stade, le contrôle de qualité élimine les pièces dont la surface présente un défaut de teinte, des griffes ou éraflures, taches ou "terrasses".
Les opérations complémentaires, manuelles ou mécaniques, petits débitages, traitement des chants, plinthes, rainurages, trous d'ancrages, vieillissement des dalles, etc., terminent les pièces les plus élaborées.
La marbrerie 2: Elle est spécialisée pour les dallages standards de 10 et 15 mm d'épaisseur, aux finitions douces ou taillées, en grandes séries. C'est à partir de "blocains" (partie des blocs extraits qui ne sont pas assez gros et réguliers pour les sciages en armures), sur une chaîne continue, sans quitter la ligne de fabrication, que la matière brute est transformée progressivement en tranches épaisses, en bandes, en plaquettes, en dalles, polies ou taillées.
Dans un hall, sous ponts roulants, la chaîne de fabrication comprend: fil diamanté stationnaire, scies monolames, débiteuses à grande vitesse, refendeuse en épaisseur, calibreuse et polissoir, débiteuses multidisques, chanfreineuses, etc. Les dalles obtenues sont minces, calibrées sur deux faces et avec de faibles tolérances dimensionnelles. Le contrôle de qualité est sévère. C'est une priorité de la S.A. Carrières du Hainaut.
Le service des produits piétonniers
Ce sont des dalles sciées ou bouchardées, de 5 centimètres d'épaisseur ou plus, pour trottoirs ou voiries. Une large gamme de dalles à usages urbanistiques, pour trottoirs ou pour terrasses, est fabriquée dans ce service. A partir de tranches, les dalles à faces sciées ou bouchardées, à chants sciés ou éclatés, sont débitées et clivées sur des unités de production spécialisées dans les produits rustiques. Tailles mécaniques de surface d'application exclusive, sur tranches ou dalles, les tailles mécaniques tentent de reproduire les tailles traditionnelles manuelles mettant si bien en évidence l'alternance entre l'éclaté sombre et le fraisé clair.
Dans tous les services décrits ci-avant, il existe toujours une ou des machines spécialisées à traiter les faces vues des tranches ou des dalles, par percussion (bouchardé, sbattu, givré, selon la forme des taillants), par fraisage (ciselé, gradiné, sclypé, selon la structure des disques) ou par flammage. La grande variété d'effets ainsi obtenus enrichit la gamme de produits en mettant en valeur les différentes facettes de réaction du matériau à l'outil: l'usure et l'éclatement, l'écaillage, le vieillissement ou l'écrasement, dont les teintes et les dessins varient. La sélection de qualité, pour ce type de produit, oblige à écarter les pièces qui supportent mal l'agressivité de ces traitements. Après toutes ces transformations, il reste à classer, emballer, charger et expédier les produits finis, au souhait des clients.
Pour les tranches sur les camions, les conditionnements se font en vrac, à plat ou sur chevalets. Pour les dalles, les palettes, cerclées et protégées d'une housse, les caisses et les boîtes en polystyrène s'adaptent aux produits selon leur degré de fragilité.
Une dernière vérification et le colis emballé vient de passer, en quelques semaines, d'une couche pierreuse, reposant depuis 300 millions d'années à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, en une palette, sur camion, qui prend la route, vite, probablement loin, certainement dans un nouveau cadre prestigieux sinon attrayant!
Les infrastructures
Indissociables de tous les stades de traitement de la pierre bleue et de la fabrication des produits finis, des contraintes techniques d'infrastructure offrent partout, en particulier du côté de l'extraction, des charges à l'image des dimensions de l'entreprise. L'énergie consommée, quand on sait qu'aucune combustion (ni fusion, ni cuisson, ni séchage) n'est requise, est consacrée au sciage, à la manutention et aux pompages. De l'ordre du million de litres de carburants et quinze millions de kilowattheures sont consommés par an.
Ces chiffres illustrent l'importance de l'activité industrielle générée par l'exploitation du sous-sol, mais l'obstacle le plus spécifique à l'extraction, le plus difficile à gérer, et surtout inévitable, reste incontestablement celui de l'eau. Le maintien à sec de l'excavation ouverte (plus de 35 hectares, 80 mètres de profondeur) oblige à pomper près de six millions de mètres cubes par an. Les infrastructures de tuyaux et pompes, les consommations d'électricité, les traitements d'épuration sont autant de difficultés à maîtriser, en permanence.
L'environnement
Par définition, valoriser un produit naturel pour ses qualités est synonyme d'exploitation d'un bien de la nature. Les risques de dégradation de l'environnement sont présents si les mesures ne sont pas prises pour atténuer les marques de l'extraction et les traces de l'activité industrielle.
La S.A. Carrières du Hainaut agit efficacement sur l'environnement de son extraction, en limitant au strict minimum ce qui est totalement inutilisable: les pierres sont concassées, les bonnes argiles envoyées en cimenteries ou briqueteries, l'eau est mise à disposition de distributeurs.
Les développements actuels visent à distribuer l'eau de qualité. Pour cela, la recherche de partenariats est une des priorités. Le surplus totalement incessible des stériles est déposé en "mottes" qui modifient le paysage de la région de Soignies et créent des collines, au fur et à mesure, boisées. Les efforts actuels, plus encore que par le passé, portent sur le reboisement plus rapide et la recherche de formes plus intégrées au paysage. Chaque année, des plantations et semis nouveaux sont établis sur les dépôts récents. Pour ce faire, la compétence de spécialistes paysagers est sollicitée. Les projets de nouveaux dépôts sont simulés et, par l'obligation des législations d'autorisations, soumis aux instances de consultations publiques et d'administrations locales et régionales.
L'autre aspect menaçant pour l'environnement concerne les eaux quand elles ont été utilisées. Les traitements actuels, déjà étroitement surveillés quant à la qualité des rejets dans les ruisseaux, vont encore être améliorés prochainement, par des installations d'épuration les plus modernes.
Toutes les règles de réduction des poussières et du bruit sont scrupuleusement suivies afin de ménager, tant à l'intérieur du domaine de la carrière, pour le personnel, qu'à l'extérieur, pour les riverains, un minimum d'incidences des activités sur le cadre de travail et de vie privée.
Il est de principe acquis, déclaré et mis en application, par la S.A. Carrières du Hainaut et par le Groupe ETEX, de préserver l'environnement de toute dégradation avec tous les moyens humains et techniques que la Société est en mesure de consacrer.
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