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Saint-Vincent

1) Notice sur saint Vincent
La plus ancienne biographie - ou plus exactement hagiographie - que les siècles nous aient transmise de saint Vincent, la " vita Vincentii prima ", a été rédigée vers 1020, soit un peu plus de trois cents ans après sa mort.

Elle est donc particulièrement tardive mais, fort heureusement, des écrits antérieurs relatifs à des proches de saint Vincent viennent conforter différentes données de cette " vita prima ". Tel est le cas de la plus ancienne "vie" de sainte Aldegonde de Maubeuge, composée au début des années 700.

Celui dont la Confrérie a pour rôle d'animer le culte et de proposer l'exemple du chrétien au service de ses frères, s'appelait en fait Madelgaire comme son père, le nom de sa mère étant Onuguère.  Issu de l'aristocratie franque, il serait né, vers 610, au domaine de Strépy (aujourd'hui dans l'entité de La Louvière), l'un des vastes domaines mérovingiens de la vallée de la Haine, rivière qui dessine à l'époque la limite entre les circonscriptions - les pagi - de Hainaut et de Brabant.

Nous nous trouvons ici aux confins du royaume de Neustrie, qui couvre depuis la Loire le Nord-Ouest de l'ancienne Gaule et sur lequel règne alors Clotaire 11; sur le plan ecclésiastique, la région relève du diocèse de Cambrai, dont l'évêque est Géry, le futur saint Géry.  Vers l'est, au-delà de la " forêt charbonnière " qui s'étire de Maubeuge à Louvain, s'étend dès Nivelles et Aulne l'Austrasie où la famille des Pépin - les Pippinides - occupera longtemps la charge de maire du palais.

Formé aux valeurs de l'Evangile, le jeune Madelgaire a par ailleurs l'occasion d'approcher les sphères du pouvoir en place. La résidence des Estinnes n'est-elle pas toute proche, elle qui sert d'étape, de pied-à-terre, au souverain et à sa cour lors de leurs nombreux déplacements ?

Lorsqu'il quitte l'adolescence, Madelgaire s'avère homme de devoir et de service et il entend situer ses engagements sous le regard d'Amour de Dieu. C'est comme chrétien qu'il conduit une mission de pacification en terre lointaine (le nord de l'Ibérie - l'Espagne - ou l'Hibernie - l'Irlande ?) et que, à son retour, il prend en charge les destinées du Hainaut en tant que gouverneur administratif, judiciaire et militaire.

Ces temps connaissent une relative stabilité sur le plan politique, d'autant que, depuis 613, Clotaire Il a réuni sous son sceptre les deux royaumes et que leur sort reste scellé sous son fils Dagobert ler de 629 à 639.  A la mort de ce dernier, la Neustrie continue sous Clovis Il à occuper l'avant de la scène par rapport à l'Austrasie de son frère aîné Sigebert III.

Dans toutes ses activités, Madelgaire rencontre l'appui matériel autant que le soutien moral de son épouse, Waudru. Née vers 620 à Cousolre (entre Maubeuge et Beaumont), elle est fille de Walbert et de Bertille et a une soeur cadette, Aldegonde. Walbert est domesticus - c'est-à-dire administrateur d'un groupe de domaines royaux - et deux oncles de Waudru, Gondeland et Landry, remplissent eux aussi d'importantes fonctions, le premier comme maire du palais en Neustrie et le second dans la carrière militaire.

Accueillants au Souffle de l' Esprit Saint et se prêtant à ce qu' Il peaufine l'idéal qu'ils partagent, les conjoints se veulent l'instrument de la tendresse de Dieu pour les hommes. Le Christ n'a-t-il pas laissé à ses disciples cette Parole qui résume toutes les autres : " Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés " ? Les responsabilités que Madelgaire et Waudru assument dans la hiérarchie temporelle constituent donc un moyen privilégié de sollicitude envers les plus faibles et les moins favorisés.

Le couple donne naissance à quatre enfants : Landry (comme son grand-oncle), Madelberte, Aldetrude et Dentelin, auxquels leurs parents donnent l'exemple d'une vie authentiquement nourrie de la foi de leur baptême.

Landry se destine au service de Dieu et sera ordonné évêque, tandis que l'éducation de Madelberte et d'Aldetrude bénéficie des soins de leur tante Aldegonde, à laquelle elles succéderont à la tête du monastère que celle-ci fonde à Maubeuge au début des années 660. Quant à Dentelin, il meurt en bas âge.

Mais voici que le climat politique des années 650 se fait nettement plus sombre. Madelgaire et Waudru s'interrogent. Les rivalités, querelles et violences anéantissent leurs plus ardents efforts au profit de la paix et de la justice, de la dignité et du bien-être de leurs frères et soeurs. D'autre part, le mode de vie profondément matérialiste et superficiel de leur entourage n'est guère prometteur de lendemains meilleurs.  Aussi les époux prennent-ils la pleine mesure de l'écart entre leurs perspectives et l'impasse à laquelle peuvent mener les vues humaines repliées sur le prestige, les honneurs, la soif des richesses.  Aubert, qui occupe depuis les années 630 le siège épiscopal de Cambrai, favorise leur réflexion.

Vers 655, cinq ans environ après la fondation de l'abbaye de Nivelles, Waudru s'emploie à la fondation d'un monastère, sur les conseils de celui qui deviendra saint Ghislain.  Elle fait acheter à cet effet par Hidulphe, un homme en vue à la cour, une terre qui devient le berceau de Mons.  Ce sera là, dans l'univers tourmenté du moment, un nouveau havre de spiritualité, un point d'appui supplémentaire pour la christianisation en profondeur des populations.

Un événement vient aussitôt secouer davantage la région frontalière que constitue le pagus de Hainaut.  En 656, Grimoald, fils de Pépin ler dit de Landen, échoue dans sa tentative de s'emparer de la couronne d'Austrasie et est mis à mort par les Neustriens.  Les retombées sont brutales.  L'horizon que les chemins du Christ ressuscité leur ouvrent depuis si longtemps, indique maintenant à Madelgaire et Waudru une rupture, un détachement radical, par rapport aux repères de la vie du monde.  Atteignant le terme d'une lente mais régulière démarche de " conversion ", d'ouverture totale aux vues de Dieu, les époux décident, de commun accord, de se séparer pour se consacrer tous deux à la vie religieuse.

Waudru reçoit le voile des mains de l'évêque Aubert et devient la première abbesse de l'abbaye de Mons dont la construction se termine, alors que, tonsuré par Aubert, Madelgaire rejoint l'abbaye d'Hautmont (sur la Sambre, à quelques kilomètres en amont de Maubeuge).  Ses victoires sur lui-même et sur les attraits du monde lui valent d'adopter en religion le nom de Vincent, le " victorieux " (du verbe latin vincere = vaincre).

Vers 670, époque de la mort de saint Aubert, Vincent quitte Hautmont pour fonder à Soignies, au coeur du pagus de Brabant, une abbaye qui marque un jalon de plus dans l'essor du mouvement monastique.  Il y meurt le 14 juillet, en 677 selon la tradition.

2) Le culte de saint Vincent
Foyer de vie spirituelle, l'abbaye établie par Vincent à Soignies s'avère aussi facteur de développement d'un habitat. Le Soignies d'aujourd'hui comme d'hier doit ainsi à Vincent tant ses racines civiles que l'héritage de la foi en Jésus-Christ. Vincent est donc pleinement le Père de la cité.

Un culte y est rendu à Vincent au moins depuis le début des années 900, époque à laquelle, par ailleurs, l'abbaye se transforme en Chapitre de chanoines.  Mais qu'a-t-il donc fait de si extraordinaire pour être honoré comme saint et voir son corps élevé de terre selon la pratique du temps ? La réponse est d'une étonnante simplicité.  Vincent n'a fait ' que ' vivre de l'Evangile, mais il en a vécu pleinement.  Attentif à répondre toujours mieux au dessein de Dieu, dans sa vie familiale comme dans ses rapports professionnels et sociaux, il s'est voulu l'acteur d'un monde plus fraternel, plus juste.  En constante progression dans sa vie de baptisé, il a été un pèlerin au sens premier du terme, un homme résolu à marcher jour après jour sur les chemins tracés par le Christ, à accorder toujours mieux l'itinéraire de sa vie terrestre aux vues de Son Seigneur.

Au fil des siècles et jusqu'à notre époque, de multiples manifestations et initiatives contribuent à faire du culte de saint Vincent une dimension constitutive de la vie sonégienne.  La dévotion à saint Vincent reste profondément enracinée dans le coeur des sonégiens, qui lui gardent une dévotion filiale.

Le culte prend en fait tout son essor au cours du 10e siècle, au point de justifier à la charnière de l'an mil la construction d'une imposante collégiale.  Le tombeau du saint est devenu lieu de pèlerinage.  La rédaction de la  vita Vincentii prima date de la même époque.

Attestant elles aussi de ce développement du culte, les illustrations et les litanies d'un psautier du 11e  siècle signalent deux fêtes en l'honneur de saint Vincent : le 14 juillet, jour de la fête patronale et par là même fête principale, objet d'une solennité particulière qui attire un grand concours de peuple, et le 20 septembre, commémoration de la première translation des reliques, qui auraient été mises en sûreté à Metz lors de l'invasion des Huns sous le règne de Charles le Chauve, petit fils de Charlemagne.

Les années 1200 consacrent une phase supplémentaire dans le développement du culte, comme en témoignent la séparation du Chef (tête) et du corps de saint Vincent, déposés dans deux reliquaires, la construction d'un imposant monument aux reliques dans le choeur et l'apparition d'un pèlerinage circulaire autour de la cité, le ' Tour ' du lundi de Pentecôte, attesté dans une charte du 19 avril 1262 de Nicolas 111, évêque de Cambrai et ancien prévôt du Chapitre de Soignies.

Et, en 1599, la Confrérie Saint- Vincent voit le jour. Deux siècles plus tôt, une compagnie d'arbalétriers s'est placée sous le patronage de saint Landry mais, dès la fin des années 1600, les confrères de Saint- Vincent prennent également en charge les reliques de saint Landry.

Le monument aux reliques s'efface au début des années 1700, au profit de l'aménagement d'une chapelle extérieure surélevée, en cul-de-lampe, au chevet.  Un ingénieux mécanisme permet la descente solennelle de la grande châsse lors des processions.  Cette descente s'effectue au chant des Litanies des saints.

Par ailleurs, les reliques de saint Vincent et sainte Waudru ont été réunies en deux occasions au lieu dit Bruyères de Casteau, là où le SHAPE est maintenant installé: durant huit jours à compter du 7 octobre 1349, tandis qu'une épidémie de peste asiatique décimait les populations, et le 3 août 1919, à la suite d'une promesse formulée au cours de la première guerre mondiale par les Doyens de Mons et de Soignies.

Enfin, d'autres paroisses ont adopté elles aussi le patronage de saint Vincent Madelgaire : Haulchin (près des Estinnes) et Mesvin (près de Mons), dont le sol a appartenu à Madelgaire, ainsi que Buizingen (près de Halle), Cambron-Casteau et Evere (près de Bruxelles), qui ont relevé du Chapitre sonégien (L'autel de Schaerbeek a été concédé au Chapitre de Soignies en même temps que celui d'Evere, en 1120.  Les couleurs de Schaerbeek sont aujourd'hui encore le vert et le blanc comme celles de Soignies et d'Evere).

Les processions
A Soignies, trois processions se font de nos jours en l'honneur de saint Vincent.

La première se déroule à l'Ascension, autour de la collégiale.  Elle a été instituée en 1832, alors que le choléra sévissait et s'accompagne d'une assemblée générale de la confrérie.

Le lundi de Pentecôte marque la deuxième étape, qui couronne par son ampleur l'année sonégienne.  Après les messes de 4 h 30 - célébrée " au tombeau ", c'est-à-dire près de la grande châsse, dans sa chapelle supérieure au chevet - et de 5 h - animée par la Maîtrise de la collégiale (qui interprète pour la circonstance l'introit grégorien de la messe Os Justi -messe commune aux abbés- et la missa tertia, à deux voix mixtes, du compositeur allemand Michaël Haller 1840-1915), la grande châsse est descendue et le " Tour " s'ébranle pour un parcours de onze kilomètres(2) qui prend fin vers 10 h 15 au sommet du faubourg d'Enghien, là où se dresse la chapelle dite ' de la cens del baille ', face au chemin de l'Epinois (A son départ de la collégiale à 6 h, le Tour se dirige précisément, par la rue Léon Hachez et le faubourg d'Enghien, vers cette ancienne Cerise del baille qui constituera son point de retour.  De là, avec arrêt aux diverses autres chapelles, il s'engage dans la campagne par le lieu-dit Biamont (chapelle senglier) et traverse le zoning artisanal (chapelle Corbisier au chemin de la Guelenne et chapelle Buisseret au chemin saint-Landry) et le zoning industriel (chapelle Saint-Landry près du Service des Travaux de la Ville) pour rejoindre à la chapelle du Son Dieu de Gembloux la chaussée de Braine et le Marais Tillériau (chapelle), où le panégyrique est prononcé.  De la chaussée de Braine, le Tour se dirige ensuite vers Soignies-Carrières par les étangs communaux (chapelle Neunez), rejoint le chemin de Nivelles à la Caffenière (chapelle de Jésus garotté), traverse le chemin de fer vers Bruxelles - qui marque la limite entre les paroisses de Soignies Saint-Vincent et Soignies-Carrières - et rencontre au chemin Tour Lette les Chapelles Botte et Crusnaire.  Au sortir de l'église de l'Immaculée conception, la rue Général Henry et la rue Grégoire Wincqz (chapelle de l'école paroissiale) conduisent à la chapelle Bergeret, face au square Eugène de Savoye, d'où, privé de la chapelle Bottemanne maintenant réédifiée dans une propriété privée de la chaussée de Mons, le Tour poursuit sa route par la rue des Trois Planches (chapelle Pater), le secteur de l'intersection des chaussées du Roeulx et de Mons, le viaduc enjambant la voie ferrée vers Mons, la rue Tour Petit-Château, le chemin Tour Bras de Fer (chapelle des Soeurs Carmélites) et le chemin du Tour (chapelle André, à l'angle du chemin du Spodio, et chapelle du lotissement de la Tortue) qui aboutit en haut du faubourg d'Enghien.  A chaque chapelle, l'intention de prière est ponctuée de l triple invocation Sancte Vincenti, ora pro nobis ".

Quatre heures durant, les pieds et les épaules ne prient pas moins que les coeurs et les lèvres.  Une première halte, au Marais Tillériau (chaussée de Braine) vers 7 h 15, permet l'écoute du panégyrique de saint Vincent, dans lequel un prêtre qui, soit est originaire de Soignies, soit y a exercé ou y exerce son ministère, met en exergue les exemples que dégage pour notre époque encore la vie de celui que nous vénérons comme un modèle. (Ce panégyrique est prononcé une seconde fois au cours de la ' messe des pèlerins " célébrée à 9 h 30 à la collégiale à l'intention des fidèles empêchés d'accomplir le Tour.)  L'église paroissiale de Soignies-Carrières accueille lors de l'arrivée du Tour vers 8 h 15, une célébration eucharistique animée par la Chorale des Jeunes de la collégiale.  Vers 9 h 45, le couvent des Soeurs carmélites, au chemin Tour Bras de Fer, se prête à un troisième temps d'arrêt.  A 11 h, débute en haut du faubourg d'Enghien la procession historique qui accompagne à travers différentes rues de la ville le retour des saintes reliques à la collégiale; cette procession retrace depuis 1921 la vie de saint Vincent, en évoquant aussi les ommages que les rois et princes de nos régions lui ont rendus au cours des siècles. 

Le trajet est le suivant: Faubourg d'Enghien, rue Léon Hachez, grand'place, rue Chanoine Scarmure, rue Neuve, rue Grégoire Wincqz, rue Clerbois, rue Pierre-Joseph Wincqz, rue de la Station, rue de Mons et rue de la Régence (où une chapelle avec groupe de saint Vincent et de ses deux fils est encastrée dans le mur du Musée du Chapitre, rappelant que le corps de saint Vincent fut caché à cet endroit de 1794 à 1799).

La grande châsse remonte vers 13 h 15 dans sa chapelle supérieure, au chant des invocations de saint Vincent et de sa famille.

Quant à la troisième procession, elle est organisée autour de la collégiale, dans le prolongement des messes dominicales proches du 14 juillet, fête de la Saint-Vincent.

Ce sont là autant d'occasions de faire un bout de chemin avec celui que nous honorons pour la " qualité ' des pas qu'il a posés dans ceux du Christ ressuscité, autant de temps forts qui peuvent nous aider à ajuster davantage le concret de nos routes d'ici-bas à la foi de notre baptême.  Car être confrère, c'est, à la suite de saint Vincent, laisser l'Evangile traverser et transfigurer la trame de notre parcours terrestre, pour se brancher résolument sur l'Amour de Dieu et en rayonner.  De générations en générations, le compagnon d'éternité qu'est saint Vincent nous propose ses pistes, celles d'une conversion jour après jour aux projets de Dieu pour le monde.  A nous de l'y suivre; il guidera nos pas.

D'autre part, l'on fait encore mémoire, lors de la messe dominicale d'11 h. à la collégiale, de quatre translations des saintes reliques.  Répondant à un même objectif, à savoir le dépôt des reliques en lieu sûr en période de guerre, elles sont commémorées respectivement le dimanche suivant le 4 septembre (quatrième translation : les reliques sont cachées dans un recoin de la collégiale de 1940 à 1944), le dernier dimanche de septembre (première translation connue, dont il a été question supra), le dernier dimanche d'octobre (deuxième translation, c à d selon la tradition, séjour des reliques à Mons, sur l'initiative du comte de Hainaut Régnier au Long Col, lors de l'irruption des Danois dans nos contrées vers 890) et le dimanche suivant le 11 novembre (troisième translation: les reliques sont abritées au collège Saint- Vincent durant la guerre 1914-1918).  La messe d'11 h. du dernier dimanche d'octobre est tout spécialement solennisée et est suivie, au choeur, d'une assemblée générale de la confrérie (Notons par ailleurs que sainte Waudru est fêtée le 9 avril, saint Landry le 17 avril, sainte Madelberte le 7 septembre, sainte Aldetrude le 25 février et saint Dentelin le 14 juillet comme saint Vincent.).

3) La Confrérie de saint Vincent
Dès la fin du XVIE siècle, le diocèse de Cambrai entra, à l'instar de beaucoup d'autres, dans l'ère de la Réforme catholique.  Réalité complexe, celle-ci s'efforça notamment de promouvoir et de développer le culte de saints locaux.  Soignies ne fit pas exception : la dévotion à saint Vincent bénéficia à ce moment et dans les décennies suivantes d'une promotion dont rendent compte, entre autres, la multiplication des 'miracles', la rédaction d'une biographie, la production accrue d'oeuvres d'art et, bien entendu, la fondation d'une confrérie.

Selon la tradition, elle aurait été érigée en 1599, le 14 mai plus précisément, par Clément VIII et ses statuts auraient reçu la sanction épiscopale en 1604.  En fait, aucune confrérie de nos régions ne fut jamais fondée par le Saint-Siège.  Toutes, ou presque, obtinrent par contre des indulgences pontificales.  Et si ce document de 1599 a bien existé, il est probable que tel devait être son contenu.  Encore faut-il tenter d'estimer la valeur de la tradition quant à la date qu'elle soutient.

En 1561, une liste exhaustive des confréries existant à Soignies ne mentionne aucune association placée sous le patronage du saint local.  Ce qui détermine un terminus ad quem tout à fait fiable.  Les comptes de la procession fournissent un autre indice.  Les confrères avaient pour habitude de porter -- contre rémunération - la châsse de leur saint patron lors de la procession du lundi de Pentecôte.  Or, nous savons qu'en 1569 et 1594, cette tâche fut effectuée par des porteurs, sans plus de précision.  En 1601, par contre, comme pour les années suivantes, le compte mentionne les confrères porteurs de la contrarie monsieur saint Vinchien.  La fondation peut donc être raisonnablement fixée entre 1594 et 1601.  Au vu de la tradition, il est même possible qu'elle ait eu lieu en 1599.

Dans le domaine religieux, les activités de la confrérie comportaient deux versants.  D'abord, il s'agissait d'entretenir le culte de saint Vincent et de contribuer à son développement.  C'est ainsi qu'elle assurait le port des châsses, entretenait les chemins du Tour, participait à plusieurs offices en l'honneur de son patron (14 juillet, 25 septembre, Ascension, lundi de Pentecôte, ). En outre, elle prenait soin de la destinée spirituelle de ses membres en finançant divers messes pour le repos de leurs âmes.

Néanmoins, on y distingue pourtant un attachement presque anachronique à une série d'usages fréquemment mis en cause par le mouvement réformateur qui parcourt alors l'Église catholique : dépenses importantes imposées à chaque confrère (inscription, annuités, issue); limitation du nombre des membres, choisis dans les couches sociales les plus favorisées, voire chez les notables locaux; exclusion des femmes; organisation de banquets.  Une légère ouverture s'y manifesta toutefois au cours du XVIII siècle.

Supprimée comme toutes les autres confréries en 1797, la confrérie Saint-Vincent reprit ses activités dès 1802.  Mais ce n'est qu'en 1876, le 3 juin plus précisément, que Monseigneur Dumont, évêque de Tournai, érigea canoniquement l'association dont il approuva également les nouveaux statuts.  Le 12 juillet 1954, Monseigneur Himmer concéda aux femmes la faculté de devenir membres de la confrérie, conformément au canon 709 § 2.

Règlement de la Confrérie
Erigée canoniquement dans la collégiale de Soignies en vertu d'une bulle de Clément Vlll en date du 15 mai 1599 et dans l'église paroissiale de Saint-Vincent par Monseigneur Dumont, évêque de Tournai, en date du 3 juin 1876.

La véritable tradition, ce n'est pas seulement refaire les gestes que les autres ont fait, c'est aussi et surtout conserver l'esprit qui les a fait faire, et qui pourrait en susciter d'autres en d'autre temps.

ART. 1 - Siège et but de la Confrérie
La Confrérie de Saint-Vincent, établie dans la collégiale de Soignies devenue église paroissiale, a pour but d'aider ses membres à pratiquer la vie évangélique, à la suite de saint Vincent, fondateur de la communauté chrétienne de Soignies et des confrères qui l'ont honoré au cours des siècles.  Gardienne de la Tradition, elle veille à maintenir les gestes et pratiques du culte de saint Vincent, en préservant leur signification fondamentale : témoignage de fidélité au message chrétien apporté par Vincent à Soignies et transmis par les générations précédentes. Elle décide de l'opportunité et de l'utilité de la mise à jour de l'un ou l'autre point du rituel de la Confrérie et de l'apport au culte de saint Vincent de nouveaux témoignages et pratiques correspondant aux voeux de l'ensemble de la population.

ART. 2 - Membres de la Confrérie
Peuvent être membres de la Confrérie les personnes âgées de 16 ans au moins, qui en font la demande et qui, dans leurs agissements, sont fidèles au témoignage demandé par le Seigneur à ses disciples. Peuvent être admis, comme postulants, dès leur baptême, les enfants présentés par leurs parents, membres de la Confrérie, ou deux confrères. L'admission des membres et des postulants est décidée par l'Assemblée générale statuant à la majorité des présents, sur proposition du Conseil de la Confrérie. Sera considéré comme démissionnaire tout confrère qui se sera abstenu de payer, pendant trois années consécutives, la cotisation annuelle fixée conformément à l'article 4.1, alinéa 5 du présent règlement.

ART. 3 - Les dignitaires
Les dignitaires de la Confrérie doivent résider à l'intérieur des limites civiles de l'entité de Soignies. Ces dignitaires sont
1. Le Curé de la paroisse ou son délégué qui est, de droit, directeur spirituel de la Confrérie. il préside les réunions du Conseil et les assemblées générales. En cas de partage de voix, la sienne est prépondérante.

2. Le Connétable qui, sur proposition du Conseil, est élu par l'Assemblée générale parmi les confrères, anciens Maîtres, qui témoignent de leur fidélité à la Confrérie.
Préalablement à son entrée en fonctions, il s'engage devant l'autel et les châsses à accomplir sa mission de son mieux, avec l'aide du Seigneur et de saint Vincent. Il exerce les fonctions de Directeur du Conseil et est le gardien des traditions et de l'esprit de la Confrérie.  Il préside les réunions en l'absence du Directeur spirituel ou de son délégué.  Il est élu pour une durée indéterminée.  Son mandat ne prend fin que par décision de l'Assemblée générale saisie par le Conseil ou par 30 membres statuant par bulletins secrets à la majorité des deux tiers.

3. Le Maître et le Sous-Maître.  Les confrères qui acceptent et ont témoigné, pour la Confrérie, d'un intérêt jugé suffisant par le Conseil, remplissent, à tour de rôle, les fonctions de Sous-Maître puis de Maître, en suivant l'ordre de leur ancienneté comme confrère dans la Confrérie. La durée de ces fonctions est de un an, à compter du mardi de Pentecôte. Préalablement à leur entrée en fonction, ils s'engagent devant l'autel et les châsses à accomplir leur mission de leur mieux, avec l'aide du Seigneur et de saint Vincent.  Le Maître représente la Confrérie devant les Tiers.  Aucune décision ni acte de gestion du Conseil de la Confrérie ou de son bureau ne peut être exécuté sans son assentiment.  A défaut de son accord, la question est tranchée par l'Assemblée générale. A l'expiration de son mandat, le Maître reste dignitaire pendant un an. Le Sous-Maître remplace le Maître en cas d'absence ou d'empêchement de celui-ci.  Le futur Sous-Maître pressenti et reconnu comme tel par le Conseil est spécialement invité à participer aux différentes manifestations de la Confrérie.

4. Le Président de l'ASBL "Oeuvres de la Confrérie Saint-Vincent".

5. Le Président du Comité de la Procession Historique du Tour Saint-Vincent.  La préparation et l'organisation de la Procession Historique du lundi de Pentecôte relèvent du Comité de la Procession Historique du Tour Saint-Vincent, organe autonome et responsable, représenté par son Président, son secrétaire et son trésorier, qui en assument la tradition.

6. Le Secrétaire.  Il est élu par le Conseil pour une durée indéterminée.  Son mandat ne prendra fin que si le Conseil lui retire confiance à la majorité des deux tiers par bulletins secrets ou s'il présente sa démission.  Il inscrit sur un registre le nom des postulants et, par ordre d'ancienneté, les noms et prénoms des confrères avec la date de leur entrée dans la Confrérie.  Il indique aussi la date de leur sortie ou de leur mort.  Il annonce la mort et les funérailles des confrères.  Il est chargé de convoquer, de vive voix ou par écrit, toutes manifestations ayant trait à la Confrérie.  Ces convocations seront distribuées dans l'entité de Soignies et/ou en dehors, suivant l'avis du Conseil.  Il rédige les procès-verbaux de toutes réunions ou manifestations qui s'y attachent et qui, après avoir été entérinées par le Conseil, seront classés dans les archives.  Il prépare tout ce qui est nécessaire aux prestations de la Confrérie et principalement aux manifestations des diverses processions.

7. Le Trésorier.  Il est élu par le Conseil pour une durée indéterminée.  Son mandat ne prendra fin que si le Conseil lui retire sa confiance à la majorité des deux tiers par bulletins secrets ou s'il présente sa démission. Il est chargé des recettes et des dépenses autorisées par le Conseil.  Il tient ses comptes en ordre sur un registre qu'il doit présenter au Conseil lorsqu'il en est requis. Il présente ses comptes à l'Assemblée générale. Le secrétaire et le trésorier oeuvrent conjointement dans la bonne tenue des tâches qui leur incombent.

ART. 4 - Les structures de la Confrérie
1. Les Assemblées générales.
Elles représentent la Confrérie et statuent valablement, dans le cadre du présent règlement, sur toute question qui n'est pas expressément réservée aux autres structures.  Les postulants sont admis aux Assemblées générales mais n'y ont pas voix délibérative.  Elles se réunissent obligatoirement chaque année, la veille de la Fête de l'Ascension et lors d'une des quatre translations des Reliques, sur convocation écrite adressée à tous les membres par le secrétaire, huit jours au moins avant leur date et par voie postale ordinaire. 

L'Assemblée de la fête de l'Ascension se recueille et prie à la mémoire des confrères décédés, entend le rapport du Maître sortant et accueille les nouveaux Maître et Sous-Maître qui lui sont présentés par le Conseil.  Après l'Assemblée, a lieu le souper au jambon traditionnel, qui entretient les liens d'amitié qui doivent unir les confrères. L'Assemblée de septembre entend l'appel des confrères, se recueille et prie à la mémoire des confrères décédés, se prononce sur les comptes financiers qui lui sont présentés par le Trésorier au nom du Conseil, entend et se prononce sur le rapport d'activités du Conseil qui lui est présenté par le Connétable, se prononce sur le budget et fixe le montant des cotisations, se prononce sur l'admission des nouveaux membres proposés par le Conseil, élit les membres du Conseil soumis à l'élection et délibère sur toute question portée à l'ordre du jour sur l'initiative du Conseil ou sur demande écrite et motivée de 30 membres au moins, adressée au Connétable au moins un mois avant la date prévue. Sur l'initiative du Conseil ou sur demande écrite et motivée de 30 membres au moins, le Connétable est tenu de convoquer une réunion extraordinaire.

2. Le Conseil de la Confrérie.
Le Conseil se compose des dignitaires et de 16 membres au plus, élus au scrutin secret  Par l'Assemblée générale sur une liste établie par le Conseil à qui les candidatures doivent être présentées.  Les membres non élus sont membres suppléants dans l'ordre des voix qu'ils ont respectivement recueillies.  La durée du mandat des membres élus est de 6 ans, ils sont rééligibles.  Le Conseil est renouvelé par moitié tous les 3 ans.  Le Conseil a les pouvoirs les plus étendus pour la gestion des affaires de la Confrérie et pour l'organisation, avec l'accord du Directeur spirituel, des cérémonies relatives au culte de saint Vincent, dans le cadre du budget fixé par l'Assemblée générale et des décisions et directives de cette dernière.  En cas d'urgence, reconnue par les 2/3 des membres présents, il peut prendre irrévocablement toute décision, sauf à en rendre compte à la plus prochaine Assemblée générale.

Le Conseil est présidé par le Directeur spirituel ou, en son absence, par le Connétable.  Le Conseil peut, sous sa responsabilité, déléguer tout ou partie de ses pouvoirs à un bureau composé de membres choisis en son sein ou à un ou plusieurs confrères dont il fixe les attributions.  Les membres du Conseil qui n'auront pas répondu à la convocation de deux réunions consécutives sans justification valable seront considérés comme démissionnaires, sur décision du Conseil statuant à la majorité des deux tiers des membres présents.  Le remplacement d'un membre du Conseil démissionnaire ou décédé en cours de mandat est attribué au suppléant venant en ordre utile, conformément à l'alinéa 1.

ART. 5 - Les devoirs des confrères
Les confrères seront attachés de tout coeur à la Confrérie dont ils respectent les rites en s'efforçant de témoigner de son esprit : la pratique de la charité chrétienne à la suite de saint Vincent et des confrères qui l'on honoré au cours des siècles. Ils respecteront les dignitaires dans les Assemblées ou ailleurs: ils assisteront exactement aux réunions, aux processions et aux messes qui se célèbrent pour les confrères vivants et défunts; ils se soutiendront mutuellement et seront toujours prêts à se rendre service quand l'occasion se présentera. Les confrères sont invités à rendre visite à leur confrère malade.  Si la maladie présente quelque danger, ce confrère ne tarda pas à demander l'onction des malades et recevra la croix de la Bonne Mort, présentée par une délégation de la Confrérie.  La Croix de la Bonne Mort est confiée au Connétable.  Les confrères auront, dans leurs maisons, une image encadrée de saint Vincent; ils porteront sur eux une médaille du saint; ils réciteront chaque jour l'oraison Dominicale et la Salutation Angélique avec cette invocation : Saint Vincent, priez pour nous.

Les confrères doivent assister :
1) aux processions qui se font: la veille de l'Ascension, le lundi de Pentecôte et à la fête de Saint-Vincent le samedi précédant le 14 juillet;
2) à la messe basse, appelée Messe des Confrères, qui se célèbre au tombeau de saint Vincent, le lundi de la Pentecôte à 4 heures 30 du matin;
3) à la messe célébrée au choeur en l'honneur de saint Vincent, le mardi de Pentecôte à 8 heures;
4) aux messes anniversaires des translations des reliques de saint Vincent(*), qui se chantent: le dimanche qui suit le 4 septembre; le dernier dimanche de septembre; le dernier dimanche d'octobre; le dimanche qui suit le 11 novembre; Les messes citées sous les 2', 3' et 4' sont célébrées pour tous les confrères et consoeurs, vivants et défunts.
5) aux obits chantés pour les confrères défunts. Ils s'efforceront d'assister aux funérailles des confrères et se rangeront en cortège à la suite de la bannière.  Les confrères iront chaque année, la veille de la Pentecôte, sous la direction du Maître en fonction, s'assurer de l'état des chemins du Tour de la procession et les baliser au moyen de "foyas".

Le lundi de Pentecôte, tous les confrères, selon l'antique et louable coutume, iront prendre le Maître à son domicile (lorsque ce domicile est dans les limites anciennes de la ville) et l'accompagneront en cortège jusqu'à l'église pour y assister à la messe de 4 heures 30 en l'honneur de saint Vincent.  Pendant les processions, les confrères auront à coeur de faire respecter les Saintes Reliques; ils montreront une profonde piété et suivront exactement les recommandations qui leur seront faites par les dignitaires.

Le présent règlement a été approuvé par l'assemblée générale du dimanche 26 octobre 1997. Il ne pourra être modifié que sur décision de l'Assemblée générale statuant à la majorité des deux tiers sur proposition du Conseil et moyennant ratification de l'Autorité diocésaine.
(Approuvé le 24 novembre 1997 à Tournai par Jean Huard, évêque de Tournai)

Liste des Maîtres de la confrérie

2000-2001 --> Jacques SCIOT
1999-2000 --> Emile VANBELLAIENGH
1999-1998 --> Paul HAZEBROUCQ
1998-1999 --> Michel DESMETTE
1997-1998 --> Edmond CHAPPUIS
1996-1997 --> Etienne CORTEMBOS
1995-1996 --> Guy HOLLOGNE
1994-1995 --> Gérard MAHIEU
1993-1994 --> Emile GABRIEL
1992-1991 --> Ernest BOUTELLIER
1991-1990 --> Michel CORTEMBOS
1990-1989 --> Marius BERT
1989-1988 --> Alfred DUTRY
1988-1987 --> René VANDERPOORTEN
1987-1986 --> Christian LEEMANS
1986-1985 --> Michel GAUTHIER
1985-1984 --> Etienne BOTTEMANNE
1984-1983 --> François GILMANT
1983-1982 --> Léon GILMANT
1982-1981 --> Lucien ABRAHAM
1981-1980 --> Abel DUTRY
1980-1979 --> Gustave POLIART
1979-1978 --> Eugène TONDEUR
1978-1977 --> Jean ANTHOINE
1977-1976 --> Gérard GILMAND
1976-1975 --> Jacques BALEINE
1975-1974 --> Julien GODEAU
1974-1973 --> Albert ANTHOINE
1973-1972 --> Jacques GAUTHIER
1972-1971 --> Paul ABRAHAM
1971-1970 --> Jules BERGERET
1970-1969 --> Etienne VAN CUTSEM
1969-1968 --> François DESMETTE
1968-1967 --> Georges GAUTHIER
1967-1966 --> Adolph HOEBEKE
1966-1965 --> Auguste MABILLE
1965-1964 --> Adolphe CAILLOUX
1964-1963 --> Léon BALEINE
1963-1962 --> Jean DELFERIERE
1962-1961 --> Fréderic HACHEZ
1961-1960 --> Etienne ROLAND
1960-1959 --> Edmond DELFERIERE
1959-1958 --> Henri RORIVE
1958-1957 --> Marcel MATERNE
1957-1956 --> Joseph BAISE
1956-1955 --> Armand ROLAND
1955-1954 --> Alphonse BLAMPAIN et Armand ROLAND
1954-1953 --> Joseph MICHEL
1953-1952 --> André MATERNE
1952-1951 --> Henri DOELAEGHE
1951-1950 --> Valère PEREMANS
1950-1949 --> Jean-Baptiste VANDERPOORTEN
1949-1948 --> Adolphe PREVOT
1948-1947 --> Fernand LEKIME
1947-1946 --> Auguste VANDERMALEN
1946-1945 --> Léon CHEVALIER
1945-1944 --> Léon CHEVALIER
1944-1943 --> Léon CHEVALIER
1943-1942 --> Léon CHEVALIER
1942-1941 --> Léon CHEVALIER
1941-1940 --> Léon CHEVALIER
1940-1939 --> Léon CHEVALIER
1939-1938 --> Jacques BOTTEMANNE
1938-1937 --> Wimand BOTTEMANNE
1937-1936 --> Joseph COLINET
1936-1935 --> Gérard GILMAND
1935-1934 --> Vincent GILMAND
1934-1933 --> Adhémar GREUZE
1933-1932 --> Vincent BAISE
1932-1931 --> Jules DUJACQUIER
1931-1930 --> Edgar MICHEL
1930-1929 --> César COLINET
1929-1928 --> Emile ROLAND
1928-1927 --> (inconnu)
1927-1926 --> (inconnu)
1926-1925 --> Edouart POUILLARD
1925-1924 --> Félicien CUVELIER
1924-1923 --> Emile CASTERMAN
1923-1922 --> Henry BOURDEAU
1922-1921 --> Victor DUCOCHET
1921-1920 --> Louis LENOIR
1920-1919 --> Joackim DESMETTE
1919-1918 --> Florent LEFEBVRE
1918-1917 --> Charles-Louis FOUCART
1917-1916 --> Ernest DESMETTE
1916-1915 --> René FOUCART
1915-1914 --> Adolphe SIMON
1914-1913 --> Louis RESTIAUX
1913-1912 --> Victor DUCOCHET
1912-1911 --> Josse GORET
1911-1910 --> Marcel DESMETTE
1910-1909 --> Joseph GORET
1909-1908 --> Auguste MOUCHERON
1908-1907 --> Charles COUVREUR
1907-1906 --> Pierre-Joseph DECROY
1906-1905 --> Xavier REMY
1905-1904 --> Florent COUVREUR
1904-1903 --> Adolphe LION
1903-1902 --> Florent SAUVAGE
1902-1901 --> Vincent DUBRULLE
1901-1900 --> Vincent DUBRULLE
1900-1899 --> François POLIART
1899-1898 --> Isidore L'HOIR
1898-1897 --> Soter MONFORT
1897-1896 --> Auguste REMY
1896-1895 --> Hippolyte FOUCART
1895-1894 --> Théodore MAINIL
1894-1893 --> Adolphe CAMBY
1893-1892 --> Victor LEFEBVRE
1892-1891 --> Maximillien LIENART
1891-1890 --> Vincent DESMETTE
1890-1889 --> François CREUSE
1889-1888 --> Vincent BOTTEMANNE
1888-1887 --> Eugène DEGREVE
1887-1886 --> Anthoine POLIART
1886-1885 --> François TELESPHORE
1885-1884 --> Paul CROHIN
1884-1883 --> Félicien LELEUX
1883-1882 --> Louis BOTTE
1882-1881 --> (inconnu)
1881-1880 --> (inconnu)
1880-1879 --> Auguste Leckim
1879-1878 --> J-B.LELEUX
1878-1877 --> Maximillien DUBOIS
1877-1771 --> (inconnu)
1771-1770 --> Nicolas DEMEULDRE
1770-1746 --> (inconnu)
1746-1745 --> P.François DUBOIS
1745-1744 --> Caesar PAUL
1744-1691 --> (inconnu)
1691-1690 --> Jehan CARLIER
1690-1688 --> (inconnu)
1688-1687 --> Jehan DEMEULDRE
1687-1686 --> Nicolas Le POINTE
1686-1685 --> (inconnu)
1685-1684 --> Nicolas JACQNON
1684-1683 --> Laurent LANCINE
1683-1682 --> (inconnu)
1682-1681 --> Louys GOUGNIES
1681-1680 --> Jacques DEMEULDRE
1680-1677 --> (inconnu)
1677-1676 --> Nicolas VINCART
1676-1599 --> (inconnu)