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Rivage de la carrière et son village
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Les traces concrètes de l'exploitation de la pierre bleue dans le secteur du chemin Mademoiselle Hanicq avant l'apparition du chemin de fer (1841) sont peu nombreuses.
C'est ce qui fait la rareté et l'intérêt des maisons assemblées dans le "rivage Wincqz" ou rivage de la Grande Carrière. Il s'agit d'un ensemble d'une douzaine de maisons construites sur un même alignement entre la fin du 18° siècle et 1843.
Plusieurs de ces maisons portent des millésimes. Le plus récent est 1843. On remarquera que les millésimes valent non pas pour telle maison particulière mais plutôt pour des ensembles formés de deux ou plusieurs maisons. C'est le signe que leur construction est le résultat d'une entreprise patronale plutôt que de l'initiative privée.
Les maisons du "rivage de la Grande Carrière" présentent toutes la même allure. Il s'agit d'habitations de deux ou trois travées dans la façade desquelles la pierre est particulièrement bien représentée (ce qui est assez exceptionnel pour l'habitat ouvrier de cette époque... mais on peut comprendre ici pourquoi).
L'étage n'est pas encore pleinement affirmé et ressemble encore aux greniers des chaumières du siècle précédent. Ce n'est qu'à partir des années 1880 que l'étage prendra un peu partout une dimension du même type que celle du rez. L'achèvement du rivage de la Grande Carrière est exactement contemporain de l'édification de la Grande Scierie Wincqz (au confluent de la Senne et du Bercely, côté rue Mademoiselle Hanicq).
C'est l'époque où la Grande Scierie Wincqz accède au premier rang des entreprises hennuyères exploitant le petit granit. Ainsi s'explique qu'on y trouve aujourd'hui le pôle architectural le plus spectaculaire de l'industrie de la pierre bleue, non seulement à Soignies, mais également à l'échelle de l'ensemble du bassin hennuyer de la pierre bleue. Le périmètre de cette carrière tel que repris dans les gravures de la Belgique Industrielle (1852) est classé depuis le 24 juin 1992. Le projet de revitalisation du site est actuellement en cours de réalisation.
Les bureaux de la Grande Carrière (1847). La construction de cet immeuble s'inscrit dans le vaste projet développé par le maître de carrières Pierre-Joseph Wincqz entre 1837 et 1855. C'est spécialement à partir de 1841, date à laquelle Soignies se trouve relié au chemin de fer, que le patron travaille à la mise en place d'une entreprise performante et remarquablement équipée.
Le bureau construit en 1847 est le premier édifice de ce genre bâti à Soignies. Il traduit l'émergence d'une dimension nouvelle de l'art d'exploiter la pierre. L'activité artisanale devient véritablement une industrie. C'est à partir d'un bureau que s'effectuera désormais la direction des opérations d'extraction et de taille de la pierre. Ce bureau sera agrandi, dans le même style, à la fin du siècle.
La pierre monumentale de 1855. On remarquera spécialement la pierre adossée à sa façade. Ses dimensions sont extraordinaires. Il s'agit d'un monolithe de plus de 8 mètres de haut et de plus de 2,5 mètres de large, et 18 cm d'épaisseur. Il a représenté la société dirigée par Pierre-Joseph Wincqz à l'exposition universelle de Paris en 1855. On imagine ce que dut être ce voyage.
0n sait l'importance que l'empereur Napoléon III accordait à ces manifestations du génie technique et du dynamisme économique dans l'optique d'un encouragement à l'industrialisation de son pays. Pour Pierre-Joseph Wincqz, Paris était la vitrine où il pourrait non seulement montrer le savoir-faire de ses ouvriers et de ses équipements mais aussi de témoigner de la possibilité d'acheminer de façon sûre des produits même gigantesques à de très longues distances.
Depuis plus de 130 ans, elle est exposée à l'extérieur, face aux vents dominants; elle montre ainsi sa grande résistance aux intempéries. Elle est non-gélive. Le gel n'a aucune prise sur elle.
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