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Les remparts : historique et vestiges actuels
Situation: rue Neuve

Après un déclin certain au IX° siècle, l'abbaye fut transformée en un chapitre de chanoines dans le courant du siècle suivant. En 1142, le Comte de Hainaut accorda une franchise aux habitants de Soignies. La ville proprement dite ne semble avoir pris sa véritable consistance que dans le courant du XIV° siècle. En effet, d'après les chroniques du Hainaut due à Gislebert de Mons (XlI° siècle), rien ne permet d'affirmer l'existence d'une enceinte à cette époque.

Les remparts proprement dits furent donc édifiés en trois campagnes de construction:
- de 1365 à 1379, on creuse un fossé autour de la ville et on édifie une levée de terre (Terré) vers l'intérieur.  On ne sert pas encore de pierre pour maintenir à l'aplomb la partie externe du Terré.  La construction des portes se poursuit jusqu'en 1390;
- en 1406, on munit l'ensemble des terrés d'une palissade de bois;
- en 1421 mais surtout entre 1450 et 1470, on construit progressivement, tronçon par tronçon, la muraille proprement dite. La ville se dote de véritables murailles maçonnées et de tours susceptibles d'abriter du matériel et des armes à feu. Les portes sont les éléments les plus spectaculaires de l'enceinte.

On utilise à ce moment le grès landénien qui affleure partout dans et autour de la ville pour le gros des travaux.  La pierre bleue est aussi utilisée.  Elle vient d'Ecaussinnes et de Feluy et sert pour les détails d'architecture.  Les tronçons situés entre la porte de Mons et la porte de Braine (rue Neuve et place du Jeu de Balle) sont terminés les premiers.

La tour Willot, au coin de la tue Neuve et de la place du Jeu de Balle, est édifiée entre 1421 et 1423.  Une "parapette" Occupe la place de cette tour.  La "parapette" de la rue Félix Eloy occupe la place de l'ancienne tour des Messieurs (les chanoines) construite en 1442-43.

On ignore le nombre exact de tours édifiées. Selon certains auteurs: 10 sans compter les tours protégeant les quatre portes; selon d'autres 15 tours.  Sur le plan de Jacques Deventer, on en compte une vingtaine et 7 encore au début du XVII° siècle.

Au XVI° siècle, on se bornera à un entretien dont la nécessité s'impose notamment par les nombreuses guerres de la seconde moitié du siècle. Au XVIl° siècle, l'enceinte est maintenue mais perd toute efficacité militaire. En 1677, on procède au démantèlement de l'enceinte. A la fin de l'ancien régime, l'espace des fortifications restant est encore propriété communale. La période française et, surtout la période hollandaise, coïncident avec la disparition de cette image traditionnelle. Entre la porte de Braine et la tour Willot, le fossé est transformé en jardins puis en terrain de jeu de balle vers 1764. En 1770, les Archers de Sainte-Christine occupent le fossé face aux rues Félix Eloy et Ferrer.

En 1819, le fossé entre la tour Willot et la porte de Mons est transformé à usage de rue : la rue Neuve.  Au même moment, les Archers de Sainte-Christine reçoivent, en guise de compensation, l'usage du terrain qu'ils occupent toujours sur le Terré dans l'angle formé par la rue Ferrer et la rue Neuve. Notons la construction de leur local en 1821.

Aujourd'hui subsistent d'importantes levées de terre (rue Neuve, place du Jeu de Balle, rempart du Vieux Cimetière, porte d'Enghien) et un réseau de rues toujours spécifique. Le chemin de ronde des remparts a laissé lui aussi une trace caractéristique de ruelles. Sur photographie aérienne le plan des remparts et leur tracé apparaît encore comme particulièrement net, sauf pour ce qui concerne le segment compris entre le Rempart Legros et l'extrémité de la rue de Mons. Le rempart Legros est le tronçon entre la rue de Neufvilles et la rue des Martyrs de Soltau. Cette rue coïncide avec le tracé ancien du rempart. Le segment situé entre la rue Félix Eloy et la place du Jeu de Balle est limité par deux tourelles désignées sous le nom de "parapettes" dans la toponymie locale. C'est ici la partie de l'enceinte où la levée de terre et la muraille ont conservé leur évaluation maximale. Le tronçon suivant longe la place du Jeu de Balle.

La Commission Royale des Monuments et Sites a classé un tronçon compris entre la rue Chanoine Scarmure et l'ancien terrain d'exercice de la Société des archers de Sainte-Christine près de la rue Ferrer. Un autre tronçon, intéressant du point de vue archéologique, et s'étendant entre la rue Chanoine Scarmure et le sentier de Scaubecq, a fait l'objet d'une enquête de classement.