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Lieux de rencontre et de spectacles musicaux, les kiosques ont fleuri dans nos localités au siècle passé. Aujourd'hui, seuls quelques-uns subsistent: à Ath, à Ecaussinnes, à Braine-le-Comte, à Trivières ... Le kiosque de Soignies, situé à proximité de la gare, a une histoire toute particulière. En 1847, le Sieur Waroquiers, chef de station de son état, prend l'initiative de faire construire au centre de l'esplanade située devant la gare, une terrasse entourée d'une balustrade. Lors d'une fête, le dimanche 9 septembre 1849, on découvre sur la terrasse érigée deux ans plus tôt, un "projet" de kiosque fait de verdure et fleurs aux dimensions réelles. Le vrai kiosque sera dressé en 1850, grâce à une souscription publique à laquelle participent Sonégiens et étrangers à la localité. Ce kiosque coulera des jours heureux jusqu'à ce qu'un méchant ouragan arrache sa toiture le dimanche 12 mars 1876. Une lettre adressée à l'administration communale le 29 du même mois par le chef de section du chemin de fer a Mons met en relief le fait quel'entretien de ce kiosque incombe à la ville. Aussi le collège échevinal décide-t-il de prendre les mesures nécessaires pour faire réédifier le kiosque en question en partie renverse par l'ouragan. Une sage décision qui ne sera malheureusement jamais concrétisée. La toiture du kiosque fut enlevée et la terrasse se dégrada peu à peu. Finalement, elle sera démantelée en août 1887. Le square, qui entre-temps s'était développé autour d'elle, existera encore jusqu'en 1889. Pourtant, lui également, eut à subir les assauts du temps. Bientôt, de square, il n'en eut plus que le nom. Le 21 avril 1891, les autorités communales prirent conscience de la nécessité de restaurer le site. Une clôture en fil de fer délimitera désormais le petit espace vert. Une nouvelle ère de restauration et d'aménagement débute alors. Deux ans plus tard, le 21 janvier 1893, le même collège envisage, en présence d'un substantiel boni des ressources ordinaires du budget de 1891, de clôturer le square par une grille d'un mètre de haut qui serait établie sur un socle en pierre de taille de vingt centimètres d'élévation. Qui plus est, ce collège des bourgmestre et échevins propose d'y faire construire un kiosque ou au moins la terasse d'un kiosque. La motivation développée devant le conseil communal qui se rallie à l'unanimité à ces propositions le 21 janvier 1883 mérite d'être citée: "La possibilité de fermer le square nous donnera la faculté en temps de festivité, de former un lieu réservé où on n'aurait accès que moyennant rétribution. Les sommes ainsi recueillies iraient grossir, pour la rude saison, le capital des pauvres de telle sorte que chaque fête serait une fête de bienfaisance". L'étude du projet est confiée à l'architecte Hendrik Beyaert qui a déjà à son actif, à Soignies, en 1875, les plans du bâtiment de l'école communale à la rue de la Régence, construit en 1876. Le projet dressé par cet architecte pour l'établissement du grillage en fer autour du square et la construction des fondations d'un kiosque à ce square est approuvé le 8 avril suivant par le conseil communal, qui en autorise la mise immédiate en adjudication. Adolphe Desmette, de Soignies, est déclaré adjudicataire. La couverture de la terrasse pour en faire un kiosque est adjugée à un autre Sonégien, Jean-Baptiste Havaux. Les travaux sont menés rondement puisque l'inauguration a lieu, en grande pompe, le samedi 16 (avec concert suivi d'une promenade aux flambeaux) et le dimanche 17 septembre 1893 (de nouveau avec concert, suivi cette fois d'un feu d'artifice et d'un bal populaire). La boucle était bouclée. Le square arrivé à maturité et le kiosque dressé au milieu des plantations accueillaient musiciens et amoureux de tous âges. Le premier octobre 1905, un monument à la gloire du travail (une statue de bronze représentant un tailleur de pierre) sera inauguré au sein du square, dénommé "Jules Bordet", en mémoire d'un Sonégien né en 1870 et qui fut Prix Nobel de médecine en 1905. Le kiosque de Soignies fut fonctionnel jusque dans les années cinquante. Puis, de nouveau, le temps fit son oeuvre et sa toiture nécessita une restauration complète qui ne fut terminée qu'à l'automne 1987. Une restauration qui vit disparaître les balustrades de fer apposées sur le socle de béton. Aujourd'hui, le kiosque peut de nouveau couler des jours heureux. Il semble attendre patiemment que le public se rassemble de nouveau nombreux autour de lui pour écouter l'un ou l'autre spectacle. Rares sont les villes et communes à pouvoir actuellement s'enorgueillir d'un kiosque fraîchement restauré. Soignies est de celles-là. La présence du kiosque apporte une petite touche de nostalgie et de romantisme à cette localité reconnue internationalement pour la qualité de la pierre qui y est extraite. (A lire: Paul Hazebroucq, "Le kiosque du square de la Station: une illustration de la tradition musicale de Soignies" dans "Braine-le-Comte, Ecaussinnes, Soignies : 150 ans de rail", Annales du Cercle Archéologique du Canton de Soignies, Tome 34).
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