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Le "Modern" - Maison Classée

Le "Modern" est un remarquable édifice de style Horta dont l'audace architecturale est un véritable manifeste de l'art nouveau de par la conception globale qui le caractérise.

Commandé en 1902 par un industriel, le propriétaire des moulins FERBUS, le Modern fut conçu en style HORTA par l'architecte FRANCOIS de Braine-le-Comte et construit par l'entrepreneur BOUILLON.

La pierre bleue de Soignies devait y jouer un rôle important à la demande du client. Le pavement est une mosaïque réalisée, a l'unisson du mobilier, dans le même style.

L'unité de l'architecture, du décor et du mobilier était un des critères du "Modern style". L'intérieur, prévu pour être un café brasserie, a gardé la presque totalité de son mobilier d'époque.

L'entièreté du bâtiment a fait l'objet d'un classement par l'Administration du Patrimoine Culturel, Commission Royale des Monuments et Sites, le 25 août 1980.

L'établissement est exploité depuis 1912 par la famille SCIOT. Trois générations lui ont gardé sa vocation jusqu'à ce jour. Pour maintenir ainsi le patrimoine architectural du 19° siècle en bon état. Monsieur Jacques SCIOT, et son fils Olivier, qui dirigent actuellement le MODERN, sont aux fourneaux tous les jours. (Voir page commerciale)

L'originalité de cet édifice réside dans la complexité du dessin de la façade et des toitures. La décoration intérieure est aussi remarquable que le dessin extérieur des façades. Le fer forgé y apparaît dans les balustrades des balcons (à l'intérieur), ainsi que, dans le couronnement du pignon (à l'extérieur). Le Modern porte particulièrement bien son nom puisqu'il est, et de loin, le meilleur représentant pour l'entité sonégienne de ce qu'il est convenu d'appeler le "Modem style".

La présence d'un tel immeuble à Soignies s'explique par l'apogée que connut, autour de 1900, l'industrie du Petit Granit; par la proximité de la gare et du quartier industriel des carrières de l'époque; et par l'importance de la chaussée reliant Mons à Bruxelles (pas encore de ceinture). Le faubourg de Mons ne prend vraiment son extension qu'au 19° siècle avec l'installation de la gare en 1841. Dès ce moment, ce fut la voie royale pour pénétrer dans la ville de Soignies. C'est la raison pour laquelle on y trouve un certain nombre de constructions de prestige. C'était le quartier bourgeois et des affaires. Il v avait plusieurs hôtels de maître, des banques, la poste (1907) et l'ancienne école moyenne des filles.

Le Modem Hôtel n'a jamais cessé d'accueillir les touristes, les hommes d'affaires, les représentants de commerce de passage à Soignies et bien sûr les sonégiens. Ceci explique sans doute que l'ensemble n'ait jamais subi de transformations brutales. On peut même considérer comme exceptionnelle la qualité de conservation des éléments de la décoration interne. Les propriétaires actuels continuent à maintenir ce patrimoine en bon état.

L'intérieur était prévu pour être un café brasserie et s'est transformé ensuite en hôtel de 7 chambres pour accueillir les nombreux visiteurs à Soignies. Aujourd'hui, les étages sont privés et le Modem est un des restaurants les plus réputés de Soignies.

La façade
La pierre taillée, d'arêtes vives ou sculptée en lignes sinueuses, apporte une diversité ornementale par rapport à la géométrie stricte de la façade de briques. Du point de vue des formes, l'aspect extérieur reste relativement classique par la symétrie, par les formes géométriques relativement simples. La façade est vitalisée par le dessin des baies dans lesquelles s'accordent arcatures et cercles. Arcature : Suite décorative de petites arcades.

Chaque baie est caractérisée par le jumelage du cercle et du rectangle. Les boiseries soulignent de manière remarquable l'importance donnée au cercle. La décoration repose essentiellement sur les pierres bleues sculptées et moulurées qui participent à l'encadrement des baies. Cette façade est développée de part et d'autre d'un angle surmonté d'un pignon à rives festonnées et piqué d'une aigrette.

La présence de l'immeuble sur un angle a permis d'aller au-delà de la simple façade et de traiter l'ensemble en tant que volume. C'est également ce qui donne au bâtiment son importance particulière. Les matériaux inhabituels, propres à ce style, se cantonnent au soubassement, qui reste par ailleurs très discret. Des pierres aux couleurs végétales (roses et vertes), en provenance de Namur (La Gileppe), s'y mélangent. Il y a également de la pierre blanche site de Silésie.

L'intérieur
A l'intérieur, l'originalité est tout aussi marquée et se trouve également dans le dessin de la salle de restaurant. Dès qu'on y entre l'œil est frappé par l'harmonie et l'authenticité de l'ensemble. L'intérieur a gardé presque la totalité de son mobilier d'époque:
- un même motif enrubanné se trouve au-dessus de l'étagère du comptoir, des lambris, des dossiers des chaises d'époque, dans le linteau de la cheminée et même dans la mosaïque de revêtement du sol
- une céramique représentant des fleurs (coquelicots) également présente à l'étage
- les banquettes au graphisme japonisant unies aux encadrement de fenêtres
- un lambris au motif floral (certains représentent des raisins)
- les chaises et tables dont certaines proviennent d'Estonie sur la Baltique
- le pavement en mosaïque vert et or signées par P. SERENA DE DAMPREMY
- le balcon d'orchestre monté sur structure métallique et orné de grilles luxuriantes. Le fer y est largement présent ainsi que dans les quatre lustres d'époque dont les courbes rejoignent l'ornementation du mobilier (lustres à l'acétylène puis au gaz avant l'électricité)
- un élégant luminaire dont les tiges aériennes s'élancent dans l'espace. (L'électricité apparaît dans les carrières sonégiennes en 1892. Edison ayant inventé l'ampoule à incandescence en 1879)
- un vitrail stylisant une libellule donnant sur l'extérieur, à l'emplacement de l'ancienne entrée de nuit
- un autre vitrail sur la porte des WC
- une cloison amovible
- une cheminée de marbre en-dessous de la fenêtre et à l'étage avec ferronnerie
- un meuble de service
- une poignée de porte soigneusement dessinée
- des vases d'époque.

Tout concourt ici au dynamisme et à la richesse de l'ensemble, que ce soit au niveau de la ferronnerie, la menuiserie, les sgraffites (technique apparentée à la fresque, superposant plusieurs couches colorées, partiellement ôtées par grattage), les carreaux en céramique ou grès cérame, les vitraux, les formes sculpturales abstraites ou figuratives en pierre, l'attention portée aux dessins des serrures, des poignées de porte et des boîtes aux lettres

L'art nouveau désigne un style où le caractère ornemental se distingue par un certain nombre de traits communs : la fluidité de la ligne souple, de la courbe, de l'ondulation, de l'arabesque. Ce style diversifie les matériaux et les techniques utilisées et met à l'honneur de nombreux métiers artisanaux. La décoration s'inspire principalement des formes de la nature, principalement végétales. Les motifs décoratifs sont souvent figuratifs et chargés d'un contenu symbolique. On vit ainsi le développement d'une iconographie très particulière, qui stylisait les thèmes°s naturalistes et usait fréquemment des symboles : les lys, tournesol, lierre, saules, plantes aquatiques, qui permettent à la ligne rejouer et d'ondoyer. Les animaux de prédilection du nouveau style sont le cygne, libellule, paon, papillon, ou des créatures fantastiques, comme les dragons. Parfois, on trouve des iconographes représentant des figures féminines, qui apparaissent mystérieuses, songeuses et sensuelles.

En conclusion, on peut dire que la maison peut être considérée comme une œuvre d'art à part entière.  Toutes les formes d'art sont essentielles et participent de l'ornementation jusqu'aux plus petits détails. Ce style répondait au désir de modernité de la nouvelle bourgeoisie industrielle et à l'émergence d'une avant-garde politique et esthétique. Pour le grand public, ce style original et audacieux l'étonnait, le scandalisait. Il s'agissait d'une ornementation artificielle, superflue et gratuite. Bien que cet art formel se voulait populaire, les commanditaires étaient des industriels, des juristes, des banquiers, des avocats, des ingénieurs, des membres des cercles éclairés aux intérêts culturels étendus.