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La chantrerie
L'existence d'un chantre (cantor) au sein du. Chapitre est attestée dès 1134. La fonction du cantor ou écolâtre (le mot est présent dès 1189) consiste le plus souvent dans l'enseignement des arts libéraux et du chant. On peut dire que l'écolâtre dirigeait une école patronnée (et subsidiée) par le Chapitre, école destinée surtout à la formation des membres ou futurs membres de la communauté canoniale, enfants compris. Certains de ces enfants devinrent sans doute eux-mêmes Chanoines. Le Chanoine responsable de l'écolâtrie était toujours désigné par le Chapitre.

L'écolâtre jouait aussi le rôle de "chancelier" du Chapitre. C'est à lui en effet que l'on confiait la charge de rédiger les actes officiels et la correspondance ainsi que d'établir la liste de ceux qui, semaine après semaine, devaient assurer une fonction dans la célébration des offices.

En 1441, l'écolâtre Jehan le Carlier céda au Chapitre une maison qu'il avait fait construire à la rue Neuve, c'est-à-dire dans l'actuelle rue Ferrer. Il souhaitait que ses successeurs puissent disposer de cette maison. Elle devait aussi être à l'usage des enfants qu'on y formerait.

Dans le même ordre d'idées, les Chanoines obtinrent en 1445 de pouvoir consacrer deux prébendes à l'entretien de quatre enfants, appelés chorales ou "choraux" et du maître (l'écolâtre) chargé de les instruire tant dans la grammaire que dans le chant.

La maison du 15ême siècle (construite peut-être sur une ancienne enceinte- canoniale) fut reconstruite au cours des temps. L'actuelle "Académie de Musique" occupe exactement l'emplacement de la maison de Jehan le Carlier mais les bâtiments datent du 18° siècle. Il s'agit d'un "hôtel" canonial du type de ceux que lion construisait à cette époque : une grande cour fermée précède le corps de logis proprement dit. Celui-ci présente la particularité de posséder un étage pleinement développé. Les côtés de la- cour étaient occupés par une écurie et une carrosserie en même temps sans doute que par des annexes destinées aux services.

Le bâtiment fut connu sous les noms de écolâtrie, maison du chantre, ou école des choraux. Au 18° siècle, on continuait à y former les enfants destinés à rehausser de leur voix les offices capitulaires.
Au 19° siècle, la rue conserva son nom de rue du chantre (et de la chantrerie).Aujourd'hui, dans le droit fil d'une tradition qui remonte à près de cinq siècles et demi, la maison abrite l'Académie de Musique de la ville de Soignies.