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Horrues

Situation
Ce village est à 5,5 km au nord-ouest de Soignies.

Origine du nom Horrues
Selon certains auteurs, Horrues viendrait du latin "Horrea" ou dépôt de vivre.  L'endroit se situe effectivement le long de l'ancienne chaussée romaine de Bavay à Utrecht. Par contre, selon Monsieur Paul Roland " il devint dans le haut Moyen-Age le domicile d'une Heltrudis qui lui légua son nom (Halletrud, Haurut, etc.)"

Histoire
Le territoire d'Horrues fut sans doute déjà occupé à l'âge de la pierre et à l'époque gallo-romaine puisque situé le long de la chaussée romaine. Le fief des seigneurs de l'Eclatière se situait au nord du village.  Mais le village d'Horrues eut une longue histoire commune avec Soignies puisqu'en 1198, les comtes de Hainaut cédèrent Horrues au chapitre de la Collégiale, ainsi de 1198 à 1789 , il était possession du chapitre royal de Saint-Vincent.

Curiosités
L'église Saint-Martin est une élégante construction du début du XIIe siècle bâtie en grès local. Elle a été restaurée et est classée depuis 1958. Cette magnifique église rurale est une perle de l'art roman. Le plan en est simple: d'ouest en est, une tour en avant corps, une triple nef sans transept et un choeur carré terminé comme à Steenkerque par un chevet plat.

La tour a une hauteur de 22m jusqu'à la naissance de la flèche et 48m jusqu'à la croix. La flèche en forme de pyramide à quatre pans coiffée d'un clocheton aveugle de forme hexagonale a remplacé au XIXe une flèche octogonale semblable à celle de Chaussée-Notre-Dame. De la porte ogivale au bas de la tour, on peut voir des traces des anciennes portes contemporaines de l'édification. La triple nef sans transept de 22 mètres de long sur 17 mètres de large, n'est pas voûtée mais couverte d'un plafond de bois de chêne replacé lors de la restauration. L'ensemble est éclairé par deux rangées de six fenêtres romanes et le long des murs des panneaux sculptés représentent les Apôtres et les Pères de l'Eglise. Un remaniement et des ajouts gothiques sont parfaitement intégrés dans cette perle de l'architecture romane: le choeur de 10 sur 7,5 est éclairé par trois fenêtres ogivales décorées de vitraux modernes. A l'extérieur, sur la façade sud, un portail latéral du XVIe orné de deux lions de justice sert d'entrée secondaire.

On signalera le très beau mobilier: bénitier roman orné de têtes humaines, stalles, chaire de vérité, bac de communion, jubé et de curieux confessionnaux aux angelots du XVIIIe siècle. Les orgues qui ont bénéficié d'une "restauration historique" sont parmi les meilleures de la région.

Durant l'Ancien Régime, les seigneurs de l'Esclatière collaborèrent à la décoration de l'édifice. A quelques centaines de mètres du centre du village, leur château a complètement disparu mais les fossés qui l'entouraient ont subsisté, comme l'importante basse-cour. C'est un de ces seigneurs qui fit don à l'église, vers 1510, de l'admirable retable en pierre de France connu sous le nom de "retable de Saint-Hubert". Après une restauration de l'ensemble du sanctuaire au XVIIIe puis une autre au XIXe et une troisième touchant le choeur, la toiture et le porche latéral en 1910, la dernière, menée de 1964 à 1969, a fait de l'édifice un des plus représentatifs du pays.

Chaque année début juillet a lieu le traditionnel cortège historique en l'honneur de Saint-Martin.  Il retrace la vie de ce saint du IV e siècle qui un jour aux portes de la ville d'Amiens donna la moitié de son manteau à un pauvre.

Les propriétaires de l'ancien moulin du Moulinet organisent de Pâques à la Toussaint des visites commentées. Au bord de la Gageolle, affluent de la Senne, le moulin à eau du Moulinet a fait tourner sa roue à aubes dès 1851 et pour plus d'un siècle. La visite proposera aux curieux de découvrir sur trois niveaux du moulin le parcours du grain à la farine : engrenages, meules, butoir, trieuse, tarare, monte-charge, palan ainsi qu'une exposition d'ustensiles de la vie d'antan.

La place du Jeu de Balle et l'ancienne Maison Communale sont caractéristique de la période Hollandaise (1829) qui fut à l'origine l'école primaire du village.
Sur cette place se dresse encore le Pilori du Chapitre Royal de Soignies.
Au détour des chemins de campagne, on découvre également les "gouffres" témoins du passé carrier du village.

Paysage
Grâce à son relief vallonné, c'est le village des grands horizons et des points de vue. De l'église Saint-Martin on domine tout le village et la Senne coule à vos pieds.
Au croisement de la route Soignies-Ghislenghien avec la chaussée romaine, on peut distinguer d'un côté les tours de la Collégiale de Soignies près de laquelle coule, sous voûte, la Senne et de l'autre côté la tour de l'Abbaye de Cambron érigée près de la Dendre. C'est en effet ici la ligne de partage des eaux entre les bassins des deux rivières. Du même endroit on observe de grand château d'eau d'Horrues sur la chaussée romaine vers Hoves. C'est là le hameau de la "Belle Croix", un des points culminants de la région avec 112m, bien visible à des kilomètres à la ronde. De là, il vous est loisible de découvrir tous les clochers des environs jusqu'au Bois delà Houssière, la Tour de Ronquières, l'église Saint-Nicolas d'Enghien et même, par temps clair, l'Atomium !

Le moulin du Moulinet rappelle l'importance de l'eau de la Senne comme source d'énergie durant l'Ancien Régime. La vallée de la senne vers Hubeaumel réserve des coups d'oeil uniques. Quelques très importantes fermes présentent l'utilisation alternée des veilles briques de fabrication locale, de grès de la rivière et de ce calcaire carbonifère si particulier à Horrues et bien différent du petit granit de Soignies. Les granges surtout étonnent par leurs dimensions. Citons par exemple la ferme de l'Eclatière face à l'endroit où se trouvait le château des Seigneurs de l'Eclatière démoli au XIXe siècle. (Moulinet)